25-Environnement et développement durable : comprendre pour agir

Publié le par demosthene


Depuis une vingtaine années, on assiste bien à une prise de conscience généralisée sur la nécessité de protéger l'environnement.

Mais, du fait de la disparité des problèmes environnementaux, de leur multidisciplinarité, de la mondialisation de l'information et des amalgames qui en résultent, de leur perception à la fois locale et planétaire, il devient crucial de clarifier objectivement la situation.

Il convient ainsi d'aborder les problèmes à diverses échelles en définissant d'abord les objectifs des études et ensuite la démarche d'intégration systémique des données et des résultats pour en permettre une exploitation rationnelle et raisonnable.

Il convient aussi de rappeler que l'Homme est une composante essentielle de cet environnement et qu'il en est le seul acteur à se poser la question de ses rapports avec cet environnement.

Ainsi, si l'Homme est le principal pollueur et dégradeur de l'environnement, il est aussi le seul capable de le gérer et de prendre, à son propre bénéfice, les mesures nécessaires à sa préservation .

Pour comprendre et agir raisonnablement il faut donc appréhender l'espace (local et global) et le temps (court terme et long terme), mais aussi identifier, dans la perception qu'a l'homme de son environnement, ce qui dépend du rationnel et ce qui est du ressort de l'irrationnel. Il faut enfin prendre conscience de l'infinie variété des écosystèmes terrestres et la génération actuelle œuvre pour les générations futures.

L'environnement est un tout avec des composantes multiples, dont l'Homme qui a façonné le paysage au cours des siècles et notamment le paysage méditerranéen, en particulier celui d’Ampus. Prendre en compte l'environnement dans la perspective d'une protection du patrimoine naturel implique donc l'analyse du substratum, des facteurs édaphiques (sols), climatiques et biotiques (êtres vivants). L'action de l'Homme pourrait être traitée à part mais il fait partie intégrante des écosystèmes au même titre que l'ensemble des animaux.

Il est important de noter que le "patrimoine naturel" est d'abord caractérisé par son transformisme et sa capacité d'évolution. Il n'est pas figé mais se modifie sans cesse au cours du temps. Chaque individu, comme chaque espèce biologique ou chaque biocénose (groupement d’espèces) passe par un stade de naissance, de croissance, de maturité, de sénescence puis de mort.

L'âge de la Terre est estimé à 5 milliards d'années, la vie n'est bien identifiée que depuis 600 millions d'années, l'Homme "actuel" n'est sur Terre que depuis moins de 3 millions d'années. Au cours des temps géologiques des espèces ont disparu, remplacées par d'autres appelées à disparaître à leur tour. Il est un exemple spectaculaire, celui des Dinosaures qui ont totalement disparu à la fin de l'ère secondaire en compagnie des Fougères arborescentes et des Ammonites, alors que l'Homme n'existait pas, donc ne polluait pas…encore!

Les évolutions climatiques du globe terrestre sont maintenant bien connues et l'on sait, qu'en dehors de toute intervention humaine, des peuplements animaux et végétaux sont appelés à disparaître définitivement et à être remplacés par d'autres. Il convient de noter que la notion de protection du "patrimoine naturel" est ainsi essentiellement anthropologique. La domination du plus fort, s'applique à tous les êtres vivants en dehors de l'intervention de l'Homme et les exemples sont innombrables de disparitions d'espèces du simple fait des luttes biologiques et du jeu naturel.

De plus l'énergie vitale des végétaux est tout à fait remarquable. Il n'est qu'à constater la rapidité de la "remontée biologique" sur les cultures abandonnées et les possibilités de recépage de nombreux arbres et arbustes de la flore méditerranéenne à la suite d'une coupe au ras du sol ou d'un incendie.

Ces remarques sont destinées à relativiser la notion "d'espèces rares" et celle "d'indispensable protection", car cette volonté des Hommes de créer artificiellement des "réserves" s'oppose à la loi biologique d'équilibre des milieux et s'apparente plus à de la muséologie qu'au respect des règles naturelles qui suivent "la loi de la jungle" (struggle for life d'après Darwin). La loi naturelle est dans la plupart des cas, la sélection naturelle et la survivance du plus apte.

En conséquence s'il convient de protéger autant que faire se peut les espèces biologiques rares (l'éléphant, le tigre du Bengale ou... la tortue d'Hermann) il faut savoir raison garder et il est illusoire d'imaginer que l'on puisse conserver partout dans le monde des biotopes ne présentant un intérêt que pour les scientifiques.

Cela ne veut pas dire pour autant que les milieux naturels doivent être maltraités. Nous avons la chance, à l'heure actuelle, de disposer d'une bonne connaissance scientifique de l'environnement et d'outils d'analyse précis qui doivent être utilisés par les aménageurs de façon à conserver un équilibre raisonnable entre la "Nature" et les activités humaines.

Nous avons la chance à Ampus de disposer d’un environnement préservé (non « mité »), sachons en profiter en envisageant sereinement l’avenir, puisque en effet, sur un territoire (hors camp de Canjuers) de plus de 5000 hectares nous sommes moins d’un millier, ce qui est relativement peu.

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D
58,5% des Francais ont déjà entendu parler de Développement Durable<br /> Seuls 16% d'entre eux savent réellement ce qu'il signifie.<br /> (Sondage Louis Harris, juin 2005) <br /> Un Conseil municipal doit se dire : "Qu'est-ce que nous faisons CONCRETEMENT ,à notre échelle , pour le D Durable ? Et prendre les mesures pour agir.Même très modestement
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