21-Environnement et développement durable

Publié le par demosthene

Aujourd’hui un super ministère de l’environnement, du développement et de l’aménagement durables vient d’être créé, avec à sa tête un Ministre d'Etat.

Je voudrais donc à cette occasion faire un point sur les notions impliquées par l’appellation de ce Super-Ministère.

Tout d’abord, excusez-moi d’être un peu plus long qu’à l’ordinaire, mais le sujet en vaut la peine. En effet devant la profusion de l’appellation « durable », à tout propos, il faut revenir aux fondamentaux .


Définitions

1- L’environnement

L'environnement est le cadre de vie des hommes et des femmes où s'affrontent en permanence leurs aspirations contradictoires : aspiration à la qualité de la vie dans une nature préservée, aspiration aux facilités de la vie apportées par la modernité, souvent génératrice de nuisances.

De ce fait, il en résulte un problème majeur pour la protection de l'environnement : concilier d'une part la nécessité de protéger l'environnement, pour la présente génération et les générations futures, d'autre part la réalisation des équipements structurants et les aménagements indispensables aux activités et au développement des sociétés humaines.

Cet environnement doit s'apprécier à différentes échelles: cellule professionnelle (bureau, laboratoire, ferme...), cellule familiale (urbaine, rurale...), société et culture, collectivité locale et intercommunalité, région, entité nationale et entité d'histoire et civilisation voisine (l'occident, le sud-est asiatique, l'Afrique...)...

Notons à ce sujet un extrait de la déclaration finale du sommet des sept pays les plus industrialisés (Arche de la défense, Paris, France, le 16 juillet 1989) : "Nous nous efforcerons, ensemble, d'atteindre notre but commun : préserver un environnement sain et équilibré, afin de réaliser nos objectifs économiques et sociaux et de remplir nos obligations envers les générations futures".

Déjà, et donc bien avant le sommet de Rio de 1992, le consensus s’établissait pour prendre en compte la dimension humaine (économique et sociale) dans
« l’environnement »


Prendre en compte l’environnement, c’est d’abord balayer devant sa porte et se préoccuper des conséquences des activités humaines élémentaires, dont la production et l’élimination des déchets domestiques produits par chacun d’entre nous.

2 - Le développement durable

- L’origine officiel du concept de développement durable est le rapport Brundtland, en 1987, de la Commission des Nations Unies, sur l’environnement et le développement (World Commission on Environment and Development, WCED).

«Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la possibilité, pour les générations à venir, de pouvoir répondre à leur propres besoins».

Le Rapport Brundtland constate que les problèmes environnementaux les plus graves à l’échelle de la planète sont essentiellement dus à la grande pauvreté qui prévaut dans le Sud et aux modes de consommation et de production non durables pratiqués dans le Nord.


- Définition de l’ADEME
l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, du Ministère de l’environnement et du développement durable (ADEME):
“Equité sociale, efficacité économique, qualité de l’environnement : penser développement durable, c’est prendre en compte simultanément ces trois aspects au lieu de régler des conflits nés de leur confrontation permanente. »


- Première prise en compte concrète du concept dans des formations universitaires supérieures et introduction de la systémique dans la gestion durable de l’environnement. Création , en 1992, par le professeur R. Casanova, à l’Université de Nice-Sophia Antipolis , de l’Ecole européenne de l’environnement (programme européen COMETT) d’une part et, d’autre part, du DESS (Mastère) Gestion de la Planète, développement durable et environnement.

La complexité de la situation à appréhender (écologie, zoologie, paysages, histoire, hygiène, droit, patrimoine, besoins collectifs...) explique sans doute que l’on entende s’exprimer surtout des spécialistes (écologues ou écologistes, par exemple) et peu de généralistes et de gestionnaires des territoires. Il est en effet indiscutablement plus facile de comprendre, affectivement, la « nécessité » de sauver des espèces en danger, que les inter-relations Homme-Biosphère-Atmosphère-Géosphère.

Espérons donc que le nouveau Ministère (annonçant « environnement-développement et aménagement durables ») s’attaque à concilier ce qui pour certains est inconciliable, soit la nature et l’Homme.

Il convient cependant de faire preuve d’humilité, lorsqu’on évoque le développement durable.

Le développement durable est en effet affaire de spécialistes « généralistes » et de « systémique ». Il ne peut y avoir de développement durable sans une concertation avec tous les acteurs directement concernés.

Une politique de développement durable ne peut être qu’un compromis qui exclut les intégrismes de toute nature.

Le développement durable fait appel à l’intelligence et à la compréhension d’autrui.


Aujourd’hui l’expression a fait florès et est utilisée à tort et à travers, y compris par les plus hautes instances politiques. Jusqu’ici, le Ministère de l’écologie et du développement durable par exemple s’est surtout, semble-t-il, préoccupé d’écologie et fort peu de développement durable. Donc attendons avec intérêt et curiosité. En particulier le assises de septembre 2007.

Créer des réserves naturelles, ou introduire des ours dans les Pyrénées, ne saurait être assimilé, ni de près, ni de loin, à du développement durable. Il ne s’agit que d’une approche muséologique, sinon fixiste de la nature, en contradiction formelle avec les lois naturelles d’une part et avec le concept de développement durable, d’autre part.

En guise d’approche synthétique, il est instructif de se reporter à l’exposition pédagogique de 22 affiches sur le Développement Durable mise gratuitement à la disposition de toutes les écoles, collèges et lycées de France. Soit un public concerné de 10 millions d'enfants et de leurs parents (Projet de Yann Arthus-Bertrand / AssociationGoodPlanet.org/In http://www.ledeveloppementdurable.fr/.
Avec le partenariat du MEDD).

En effet les principaux sujets de préoccupation pour l’avenir de la Planète y sont présentés de façon claire et accessible.

En 2020 notre planète Terre portera plus de 9 milliards d'êtres humains, soit 3 milliards de plus qu'aujourd'hui (6,5 milliards). Voila un problème réel qui n'est pas sans conséquence sur la gestion de l'environnement.


3 - Les principes de la Déclaration de Rio (1992)

L'homme est mis au centre des préoccupations dans le respect des générations présentes et futures.

Les Etats, qui doivent coopérer de bonne foi, ont le droit souverain d'exploiter leurs ressources sans nuire aux autres Etats qu'ils doivent avertir de toute catastrophe ou activités dangereuses pouvant les affecter.

La protection de l'environnement est partie intégrante du processus de développement, elle est conditionnée par la lutte contre la pauvreté et concerne tous les pays selon des responsabilités communes mais différenciées. Les modes de production et de consommation non viables (non durables) doivent être éliminés au profit de ceux qui seraient viables dont la diffusion doit être favorisée.

Le public doit être impliqué dans les décisions dans le cadre de mesures législatives efficaces, économiques en internalisant les coûts grâce au principe pollueur-payeur, par des études d'impact, toutes mesures qui ne doivent pas constituer des barrières injustifiées au commerce tout en assurant la responsabilité de ceux qui causent les dommages et en évitant le transfert d'activités polluantes.

Le principe de précaution doit être mis en oeuvre.

Un certain nombre de groupes majeurs ont un rôle particulier à jouer: les femmes, les jeunes, les communautés locales et autochtones.

La paix, le développement et la protection de l'environnement sont interdépendants et indissociables. Les règles de protection de l'environnement doivent être respectées en temps de guerre et pour les populations occupées ou opprimées. Les différends d'environnement doivent être résolus pacifiquement.

La biodiversité, aussi importante soit-elle, n’est qu’un facteur parmi une multitude d’autres.

Toute structure décisionnelle doit appliquer le principe GLOCAL (pensez global, agir local).

Aussi, faisant suite aux conférences mondiales de Stokholm (1972), de Washington (1973), de Bonn (1979) et de Berne (1979), essentiellement consacrées à la protection de la "nature", au sommet de Rio en 1992, la nécessité de prendre en compte simultanément le développement économique et la protection du patrimoine naturel, s'est imposée, ceci afin d'inscrire le développement (économique) dans la durée.

Cette tendance a été confirmée lors du sommet de 2002 de Johannesburg (Rio+10) en Afrique du sud.

Voilà donc quelle est la notion de "développement durable".

Ainsi se développe désormais une conscience collective, sur l'existence d'un triptyque :

POPULATION + DEVELOPPEMENT + ENVIRONNEMENT.

Je reviendrai prochainement sur ce sujet, puisque si nous habitons Ampus c’est d’abord parce que nous apprécions son cadre de vie.

UN COMMENTAIRE REÇU:

« Penser GLObal, agir loCAL »

Aujourd’hui, la préoccupation prioritaire de chacun d’entre-nous devrait être l’avenir de la planète. Car la survie de l’espèce est en jeu.

Les dangers ?
- le réchauffement climatique,
- la qualité de l’air,
- la qualité de l’eau,
- le non-renouvellement des énergies traditionnelles, la déforestation, l’accumulation des déchets,
- les besoins à satisfaire pour nourrir une population sans cesse croissante,
- etc…

Nous sommes tous responsables : à chacun son « devoir quotidien d’écologie », dans sa famille, dans son entreprise, dans sa ville….

« AMPUS-INITIATIVES POUR L’ENVIRONNEMENT » , un nouveau défi à relever !"

Faites-nous part de vos expériences, de vos remarques de vos suggestions.
Elles seront examinées par des experts indépendants avant d’être transmises aux élus."

Publié dans Environnement

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D
PEUT-ON se procurer à un prix raisonnable les affiches dont il est question dans le blog , à l'intention des élèves de l'école ?Si oui, comment et à quelle date ?Si l'on agit , c'est d'abord en direction des JEUNES qui sont le monde de demain.
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